CARTEL

Exceptionnel – Attention écrivain surdoué !

Des années de travail (5, je crois) pour aboutir à la suite de La griffe du chien, Cartel. Un pavé incroyable (718 pages donc un bon nombre d’heures sans sommeil). Là où La griffe nous offrait un roman stupéfiant (désolé du jeu de mot), Cartel se présente sous forme d’un monument.

Il est digne du 1er tome.

Là où La griffe s’achevait à l’aube des années 2000, Cartel couvre une nouvelle période. 2004-2014. On retrouve Art Keller, ex agent de la DEA, ex Seigneur de la frontière et Adán Barrera, ex baron de la drogue sous les verrous. L’un passe des jours plus ou moins paisibles dans un monastère, à surveiller les abeilles, l’autre dans un pénitencier à surveiller ses arrières. Barrera s’évade et entreprend de reprendre ses affaires non sans provoquer  un tsunami  dans le monde des cartels. Keller reprend du service.

A travers sept personnages principaux, souvent effrayants parfois émouvants, Don Winslow continu de multiplier les points de vue en dressant une fresque incroyable, avec :

  • un Keller qui a toujours soif de vengeance,
  • un Barrera prêt à tout pour restaurer son empire,
  • les positions floues du gouvernement US,
  • les Zetas militairement formés et sans pitié,
  • la Familia Michoacana limite ésotérique et diablement avide de sang,
  • sans oublier les journalistes assassinés,
  • les policiers mexicains corrompus,
  • les innocents laminés,
  • le gouvernement mexicain soumis aux cartels  voulant de temps à autre .limiter dégâts et morts.

Les alliances de circonstances font face aux vengeances. La rédemption, comme les histoires d’amour restent un vœu pieu, sans avenir. La soif du pouvoir, et l’argent rend avide tous ceux qui frôlent ce trafic de prêt ou de loin, à tout niveau de la société. Verser ou toucher le piso, entrer dans la pista secreta, souffrir de la générosité du patrón, ressentir la peur des sicarios. Rien, ni personne n’est épargné dans ce Mexique du nouveau millénaire. Sans aucune limite, la  vie n’est rien tant les tonnes de came génèrent des milliards.

Un roman, sans aucune illusion. Froid, méthodique, violent et passionnant.

Si la guerre contre les narcotrafiquants est une nouvelle fois démontée, Don Winslow la révèle telle qu’elle se joue sur un marché mondial et fleurant bon l’ultra-libéralisme. L’interdépendance des acteurs, la lourde nécessité de vivre dans ce pays aux mains des cartels quant de l’autre côté de la frontière un autre monde offre ses victimes à la dope. Chaque rouage précisément décrit dans ce livre lourd de documentation – en témoignent les 128 noms des journalistes disparus durant la période de Cartel.

Le rythme est soutenu – prenez soin de vous accrocher et prévenez vos proches de votre absence. Le style épuré – cela ne rend que meilleur  cet ouvrage.

Instructif ? Oui une nouvelle fois.

Thriller ? Absolument !

Démentiel de précision ? bien sûr.

Mais Cartel est avant tout un splendide roman à l’écriture vive. Don Winslow nous entraine une nouvelle fois dans un univers rempli de fureur, d’héroïsme, de trahison et de faux semblants. Du grand art (Keller).

A n’en pas douter parmi les meilleurs romans de l’année.

 

Publicités

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. livresque78 dit :

    Bon, il va falloir que je l’achète. Tous les avis sont excellents.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s