CHARADE

Alors que je pensais revenir vers un roman noir presque sage, je suis tombé sur un os. Je dois avouer que pour son 1er roman, un thriller autour des pervers narcissiques, Laurent Loison livre une construction originale, où il fait le choix de nous servir le dénouement lors des toutes premières pages.

Comment alors peut-on s’attacher à un thriller si l’auteur en bouleverse les règles ?
Et bien Laurent Loison, s’en sort fort bien. Il perturbe le lecteur jusqu’à la fin et visiblement, il se plait à brouiller les pistes. Certes les charades perturbent le lecteur car il se demande où l’auteur veut en venir. J’ai moi-même posé l’énigme sur papier pour tenter de la résoudre. Mais alors on cherche avec les cartes que l’on a en main. Elles sont en permanence troublées de telle sorte qu’il soit difficile de décoder cette énigme.
Pas de spoil, je vous laisse deviner car comme de nombreux lecteurs, je n’ai pas vu venir cette fin. Et c’est suffisamment rare pour le noter.
Alors toi lecteur – c’est bon c’est fait, on se tutoie – saches que Charade est écrit avec une bonne dose d’intelligence et de rigueur. On sent poindre les recherches, tant sur le fameux 36 que sur les psychoses dont sont victimes les personnages. En tant que vrai bon thriller la tension va crescendo, rebondissements, climax et personnages typés.
Parlons-en d’ailleurs de ces personnages. Deux ressortent avec une réelle présence. Ils sont attachants. On passe vite sur Fabienne, la psy fantasmée et les flics du 36 qui se démènent dans une guerre des polices et des egos gros comme des semi-remorques. Ils confèrent à l’histoire une structure physique souvent réaliste. Mais les plus attirants sont le commissaire Florent Bargamon, froid et de solitaire, empreint d’une sensibilité dissimulée et Emmanuelle de Quezac, criminologue et major de promo et accessoirement nièce de ministre qui rejoint l’équipe de Barga pour une initiation à la frontière du mal.
Oui, le mal est un des personnages majeurs.
Ok, il y a quelques lieux communs. C’est loin d’être un reproche . Car tout flic de papier confronté à un malade de la pire espèce entraine souvent une chute annoncée et s’en suivent des ficelles grosses comme un bras. Mais pas ici. Elles trainent dans les recoins de ce roman.
Loison fait preuve d’une vraie faculté de description. De nombreuses scènes sont fortes et violentes comme celles des autopsies. Car les meurtres sordides perpétrés dans Paris, relèvent d’une réelle inventivité non sans une certaine once de sadisme. Aucune projection (désolé, j’ai une tendance à imager les scènes) ne te sera épargnée. On est parfois à la limite du gore. Preuve en est que le thriller, ce n’est pas gratuit. Cela renforce le côté chasseur de ce pervers narcissique qui met la police en émoi. Pas de crainte. Il ne s’agit que de tueur de papier.
Si tu es un adapte du parallélisme, tu seras heureux de noter qu’il y a du Chattam qui aurait avalé du Dexter dans ce roman.
Je cherchais un roman sage et convenu, j’y ai trouvé deux excellentes surprises. Celle d’un auteur à suivre et une fin singulière.
Pour citer nos amis anglo-saxons, what a fucking page turner !

 

ISBN : 2298107505
Éditeur : Nouvelles Plumes

 

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