BAAD

Barbarie
Abomination
Affrontement
Déflagration

Le pitch : Kaboul, une 3ème fillette est retrouvée étranglée et poignardée dans la rue. 3 victimes dans 3 bidonvilles différents. L’affaire est confiée au qommandaan Oussama Kandar de la police criminelle, un ancien sniper du commandant Massoud agé 53 ans, haut de 2 mètres, très pieux. Kandar va vite s’apercevoir qu’une 4ème va mourir dans 10 jours s’il ne trouve pas le meurtrier. Dans le même temps, à Paris, Nicole Laguna est enlevée avec sa famille par la Mafia italienne. C’est une ancienne de la DGSE, spécialisée dans la traque de criminels. Le deal est simple. Pour sauver les siens, elle va devoir, faire appel à son expérience et ses ressources pour retrouver un chimiste de génie, Franck X, créateur d’une drogue parfaite apte à casser le marché et le faire basculer des mains de la Cupola à celles de la mafia Russe. Enfin, il y a Nahid, une mère afghane qui elle aussi est prête à tout pour sauver une de ses filles, Badria, la prochaine victime.

Le temps s’égrène et les pages se tournent. Car, Baad est à 100% une des surprises de 2016. Un véritable page-turner boosté au suspens. L’écriture y  très visuelle. Elle nous immerge dans un Afghanistan fait de mœurs et de coutumes, d’ethnies et de clans. Cédric Bannel, enarque atypique connait ce pays. Ça se sent à plein nez. Il nous offre un thriller fort, violent, dans un pays gangréné par la corruption où code d’honneur et corruption, talibans et moujahids, martyres et chefs tribaux, n’ont qu’avidité à l’esprit sous couvert de croyance. La toxicomanie galopante, l’argent, le pouvoir, la drogue, les armes, l’aide internationale chaque élément est minutieusement présent. Écartelé entre modernité et traditions, ce pays où l’état est absent est assurément un des personnages de ce roman. Un lieu extraordinaire où des hommes très baad, s’octroient le droit tuer à tout moment, en tout lieu. Car Baad nous offre un point commun masculin que le personnage soit djihadiste ou mafieux – les bourreaux ont une capacité à torturer, massacrer avec le plaisir le plus simple du monde, tous ceux qui ne représentent rien à leurs yeux. Qu’ils soient femmes, jeunes filles, otages, la violence s’abat sur eux avec une absence déconcertante d’humanité.

Chaque personnage de ce roman est construit. Et ce thriller est riche de personnages, Gulbudin et les autres équipiers de Kandar comme Babour, le scientifique de la Criminelle, le Mollah, le khan, le capo di tutti capi et son tueur qui colle aux basques de Nicole. Chacun est une proie ou un bourreau et tous trainent avec eux leurs passés. Tous, sauf peut-être Malalai, l’épouse de Kandar, gynécologue et militante des droits de la femme dans un pays violent, cruel envers les femmes qui sont au mieux des épouses effacées sous une burqua.

Baad, maintient toutes ses promesses de la 1ère à la dernière page, le tout rythmé par ce décompte de la prochaine victime qui s’ouvre à chaque chapitre. Rebondissements, intrigues, double enquête, paysage, mères prêtes à tout pour sauver leurs enfants, le lecteur est tenu en haleine. Bref j’ai apprécié.

Editions Robert Laffont – 2016

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