YERULDELGGER – Manook

Acte 3 – scène finale

Voilà, la dernière page a été tournée. Ce thriller a été à la hauteur de mon attente. Jusqu’à la dernière ligne. Vif, truculent, Ian Manook arrive à projeter son lecteur, loin au fond des steppes, se jouant avec un plaisir communicatif à insérer autant d’histoire de cette région inconnue aux occidentaux que de fines touches aux relents sociaux actuels.

Les personnages sont superbement construits. Sans être caricaturaux, ils sont composés et modelés au fil des chapitres. Ils se renforcent avec le temps. La mécanique s’imbrique petit à petit. Sans violence inutile – quoique Yeruldelgger, ne soit pas non plus un ouvrage où les héros et héroïnes passent leurs nerfs en faisant du tricot – le succès de cet édifice tient à la proximité et l’inventivité, bref à l’attachement que nous avons avec  Yeruldelgger, Oyun et Gantulga ; ce dernier servant à Manook à nous offrir quelques sorties humoristiques et parfois de croustillantes saillies verbales (on reconnait la patte d’un soixante-huitard).

L’imagination foisonne. Ce roman tient toutes ses promesses et Manook, esprit pervers et joyeux, ouvre une suite. Voilà, grâce à lui, je dois me résoudre à sacrifier ma PaL pour me précipiter sur Les Temps Sauvages. L’acte se fait avec plaisir.

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Acte 2 Le héros sort du bois.

J’y découvre l’amour de Yeruldelgger pour sa fille Saraa, son côté tempétueux et sa une notion toute particulière de son métier et son incroyable ténacité à vouloir rendre justice aux morts.

Mais il est peut-être temps de poser le pitch.

Tout part d’une gamine aux boucles blondes de cinq ans, dont le corps est retrouvé enseveli sur son tricycle rose dans la steppe sauvage, où les chevaux vont au galop en liberté, parmi les yourtes chaleureuses. Rien que cela pourrait faire un bon début d’enquête. Mais c’est mal connaitre Manook. Car si on le compare aisément à Indridason, Mankel ou Rankin dans sa capacité à s’approprier un territoire pour y poser son héros, c’est oublier le talent du garçon. Alors pour mieux empoigner cette main mise, il faut ajouter à la tambouille 3 cadavres de chinois émasculés retrouvés dans un entrepôt d’Oulan Bator, des prostituées tondues et des mafieux coréens et chinois. Enfin pour être certain de réquisitionner complétement ce territoire, son histoire, il convient d’ajouter une couche d’abrutis nazis, du mouton gras, et du thé salé au beurre rance.

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Voilà, les ingrédients sont là. Les pages se tournent. Je me suis acclimaté à l’ambiance de ce roman noir.  Ma découverte continue. Le plaisir grandit.  Je découvre un Yeruldelgger, élevé par des moines guerriers, initié aux arts martiaux, un flic usé qui suscite un rejet de ses collègues masculins qui n’a d’égal que l’affection que lui porte sa compagne Solongo, médecin légiste et Oyun sa seconde. Pour encore rehausser, les saveurs et plonger dans le local, je me prends d’une certaine affection pour Gantulga, ce gamin de 12 ans, enfant des rues débrouillard et espiègle et je fonds devant la complexité de la relation de Yeruldelgger vis-à-vis des siens.

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J’ai parcouru la moitié de ce roman. La suspension est surement salvatrice. C’est une trêve obligée. L’envie de retrouver les personnages est forte. Au moins autant que le gouffre face à moi. Car dans 200 pages, ce roman sera fini. Heureusement il y a 2 autres tomes.

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Acte 1 La découverte.

Une fois n’est pas coutume, je commence une chronique avant même d’avoir fini le roman de de IAN Manook Officiel (j’adore ce pseudo). Yeruldelgger … Comment ai-je pu passer à côté de cela ? Rien que le nom aurait dû suffire à me titiller le neurone.

Merci donc à l’équipe de la médiathèque H Oudoux pour avoir organisé une sympathique carte blanche grâce à laquelle j’ai pu combler mon erreur. (pensée à Solen)

Ce polar noir se déroule en Mongolie, de nos jours. Il nous plonge dans un univers original et captivant. La lecture est jouissive. D’entrée, le lecteur que je suis est projeté dans un paysage de steppes s’étalant à perte de vue. On pose son regard sur un peuple à la recherche de ses traditions et une société oscillant entre ses yourtes posées dans des contrées lointaines et désertiques et Oulan Bator, une ville qui se cherche – une espèce de Nomad Land que l’on aurait croisé avec une « La Défense »soviétique ou chinoise, où une partie de la population survie terrée dans les égouts et les cages d’escaliers.

Yeruldelgger Khaltar Quichyguinnkhen, (va le prononcer d’une traite) est un homme torturé et un commissaire sur le fil du rasoir. C’est l’archétype du type démoli par la vie, depuis la mort de sa fille. Il est  accompagné dans une enquête lourde, pesante, violente, par une foule de personnages touchants que Ian Manook sait nous rendre extrêmement proches – je pense notamment à Oyoun, Solongo. L’écriture est vive, pleine d’humour pourtant ce roman est d’un noir profond  mais empli d’humanisme et d’optimisme.

Voilà, je vais me retrouver au boulot, concentré sur mon activité. Mais j’ai hâte de retrouver Yeruldelgger que j’ai quitté hier soir après qu’il eut claqué la porte de Mickey et qu’on lui ait retiré toutes ses enquêtes, non sans avoir préalablement collé son flingue dans la joue de son supérieur et fait tremblé une délégation de chinois.

La sauce prend. Les personnages se dessinent. La tension monte.

à suivre..

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