LES TEMPS SAUVAGES

Un second tome est souvent un exercice dangereux. Pour le lecteur, l’attente est plus forte. Il s’agit de retrouver des personnages sur lesquels nous avons projeté une émotion et une image. Dans le cas présent, la barre est haute. Yeruldelgger était une excellente surprise.

Un tome 2, c’est aussi pour l’auteur de ne pas céder à la facilité. Les Temps Sauvages est avant tout un thriller inventif. Ca envoie du pâté et Manook ne tombe pas dans la paresse. Toujours situé en Mongolie, le déracinement est assuré entre une capitale moderne, Oulan Bator et terriblement polluée, les steppes blanchies par le dzüüd et les villes radioactives interdites. Outre que ce roman est idéal pour la saison, c’est un roman en noir et blanc. Blanc comme la steppe où personne n’est jamais seul et noir comme l’âme des personnages.

Mais parlons du pitch de Les Temps Sauvages : Un homme et sa monture sont trouvés écrabouillés par une femelle yak venue du ciel, le tout agglutiné en un maelstrom congelé. Ajoutez une enquête faisant peser les soupçons sur Yeruldelgger à partir du corps  d’une jeune femme égorgée,  examinée par Solongo sa légiste de compagne, des trafics en tous genres et des manipulations politiques, vous saurez presque à quoi vous attendre.

Le décor est en place. Il nous entraine au-delà des frontières, à l’autre bout de l’Europe, au Havre. Les intrigues sont posées non sans humour et de multiples situations burlesques sont injectées tout au long du roman. Toujours aucun temps mort. Les chapitres sont courts. C’est vif. Si les mauvaises langues peuvent dénoter quelques invraisemblances, le suspense y est sans arrêt présent.

Quant aux personnages, les anciens transgressent leurs fondements. Yeruldelgger est colère. Il sait qu’il ne peut plus suivre la voie du Septième Monastère et qu’il devra en payer le prix. Il va, comme Oyun et Gantulga, devoir aller au bout de lui-même. Quelques nouveaux, comme Zarza débarquent dans ce roman. Ils sont riches en images et toujours aussi structurés, qu’ils soient barbouzes, trafiquants et politiques ou militaires magouilleurs.

Les Temps Sauvages  est peut-être moins intimiste. Mais il foisonne de détails. Preuve en est, le fait que cela soit riche en bouffe. Manook se plait à distiller mets et plats plus ou moins gastronomiques. Surtout, ce roman est visuel, riche en tension. Il prend sa source dans une réalité faite de philosophie bouddhiste. La spiritualité ou son absence est souvent présente. Il fleure bon les traditions mongoles, les légendes et les coutumes. Ça, c’est pour l’émotion.  Mais ce serait oublier que la réalité est parfois bien sombre et l’imagination est sans limite quand il s’agit d’horreur. Bref ce tome 2 nous tient en haleine jusqu’à un final magistral.

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