LA MORT NOMADE – Manook

 

Après plusieurs jours passé en compagnie de Yeruldelgger , marqué par mon impossibilité à lâcher cette trilogie, je finis triste et un poil frustré de ce roman. Frustré car il est toujours difficile de quitter un proche. Triste parce que chaque fin est un abandon.

Yeruldelgger n’est plus policier, il s’est retiré dans les steppes pour méditer.  Loin de la capitale et de Solongo, il profite d’amours nomades et lutte avec lui-même pour ne plus céder à la violence. Passif et décidé à sortir de ce monde, il se retrouve à son grand désespoir et contre sa volonté au cœur de conflits meurtriers. Ecartelé entre des ultra-nationalistes, des jeunes femmes disparues,  des multinationales et leurs intérêts financiers, Yeruldelgger  voit se jouer sous ses yeux un drame écologique, la fin de son monde.

Ian Manook a le talent pour ne pas réécrire le même roman et se renouveler dans la continuité. Oui on y parle traditions, corruptions politiques, populations nomades sacrifiées sur l’autel du XXIème siècle. Mais si ce nouvel opus, le dernier de la trilogie Mongole, est  toujours centré sur ce commissaire atypique, il passe presque au second plan. Celui qui pensait avec naïveté pouvoir prendre sa retraite se voit entouré de nouveaux personnages notamment féminins :

  • Tsetseg, l’amazone venue lui demander de l’aide pour retrouver sa fille disparue,
  • le lieutenant Guerleï, qui tente de maitriser une situation qui a tout d’une catastrophe,
  • et d’une flopée de personnages typés, toujours ultra travaillés, en prise avec leurs doutes, auxquels on s’attache et qu’on a du mal à voir partir ou à quitter.

Plus marqué en dehors des frontières, on se promène au fil des pages de New York, au Canada ou encore en Australie. On y retrouve certains personnages, comme Solongo et Zarza le barbouze, mais aussi une paire de New-yorkais tordant Pfiffelmann& Donelli et deux membres des affaires Spéciales, Bektet et son adjointe, Fifty.

Et bien que La Mort Nomade, soit bourrée d’humour, on se prend à lire toute la tristesse de Yeruldelgger. Elle est à l’image de sa terre martyrisée, de sa population. Lui, le « khan Delgger » est en lutte contre les multinationales minières, mais aussi avec lui-même tant sa recherche de paix est forte. Il semble enfin prêt à affronter les morts qui l’entourent.

Aux thématiques récurrentes de la trilogie, s’ajoute, ce que l’Humain a de moins glorieux. Ian Manook fait alors appel à la conscience politique et sociale du lecteur. Sous couvert d’intrigue policière, on tombe dans un affrontement écologique. L’atmosphère est différente. L’écriture, plus mature, toujours dynamique et enlevée, sait inviter à la douceur quand il s’agit de la nostalgie des steppes, mais toujours dégainer une violence incroyable quand il s’agit de corruption, de meurtres et de la fin des traditions.

La trilogie de Yeruldelgger est définitivement un grand moment de lecture, la découverte d’un auteur talentueux et celle d’une contrée lointaine à ne pas oublier.

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