BRUTALE

Lise Lartéguy a vingt-huit ans. Belle, intelligente, issue d’une lignée de militaires, de gendarmes et de flics, Lise est Lieutenant de police. Si elle se sert de sa carte de police avec légèreté, tous pourrait lui pardonner. Mais Lise est parfois difficile à gérer. Elle est maladivement violente.

Flic le jour, elle se révèle plus que borderline la nuit. Elle devient une bête sauvage. Brutale, elle se saoule de vie et  se pousse dans ses dernières limites physiquement et mentalement, toujours sur la brèche, elle a besoin de cogner, d’avoir mal et de faire mal.

Jacques Olivier Bosco affiche la couleur dès les premières lignes. Dans un esprit cinématographique qui n’est pas sans rappeler les « Infiltrés », mais avec un soupçon de Corneau genre le « Choix des Armes » et surtout avec une grande lampée de Scorcese sous coke, il offre à nos yeux, une Lise audacieuse, un genre de pompier pyromane qui joue avec son Zippo allumé dans une station-service. Elle marche sur un fil de rasoir aiguisé, que dis-je, elle coure tant ce personnage féminin hors du commun jouit avec violence dans les arrières sales de bar comme sur sa KTM. Lise est le fruit d’une jeunesse chaotique, son corps est aussi martyrisé que son âme. Le lecteur sait de quoi Lise est capable. Et si dans cet univers trouble, le lecteur la sait instable, prête à exploser à tout moment victime d’une crise, il est en demeure surpris par la violence qui se déchaine lorsqu’elle se transforme glaive vengeur.

Car, quant à des jeunes filles vierges vidées de leur sang, s’ajoute son frère Camille, capitaine de gendarmerie, victime de redoutables trafiquants oeuvrant entre la France et la Tchétchénie, il n’en faut pas davantage pour que l’audacieuse amazone fonce tête baissée dans les emmerdes.

Les malfrats qu’elle côtoie sont de belle facture – avec deux mentions toutes spéciales pour Le Cramé, personnage complexe et pour Camille, pas aussi lustré que tout laisse croire. La table est mise dans un univers où le banditisme, les courses-poursuites et les bastons sont en scène. Avec Brutale, on est dans le dur. A grands coups de Docs dans les roustons, on flotte des les premiers chapitres dans l’adrénaline jusqu’au cou. On se retrouve à courir après Lise qui tente de se contrôler pour devenir celle que tout le monde voudrait qu’elle soit. Sage et aux ordres. On sent l’odeur lourde du sang nous éclabousser quand elle frappe.

Ça tape, ça va vite, c’est passionnant. On en redemanderait.

 

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