KABOUL EXPRESS

Brillant thriller politique, d’un réalisme puisant dans une sombre actualité, le 3ème tome des aventures du qomaandaan Oussama Kandar, chef de la Crim de Kaboul, ex-sniper et ancien compagnon de Massoud (débuté avec L’Homme de Kaboul) et de Nicole Laguna, commissaire française de la DGSI,  (coopération dans B.A.A.D.) nous emmène d’un bidonville de Kaboul en  France.

Kaboul Express, c’est le nom donné au réseau afghan de DAECH qui permet à l’Etat islamique de faire entrer en Syrie et en Irak des combattants expérimentés en provenance de l’Afghanistan et les zones tribales du Pakistan. Mais ce roman est aussi, un attentat d’une ampleur inégalée qui pèse sur Paris et qui aura lieu le 2 mai. Cet attentat est prémédité et organisé d’une main experte par un jeune afghan de 17 ans, Zwak, mathématicien hors pair, fan de jeux vidéo, victime collatérale des Occidentaux. Dénué de toute émotion, il n’a  qu’un unique but, frapper et détruire la France. Il navigue entre les fanatiques de DAESH et de l’EIK. Ça fleure la manipulation et l’esprit de vengeance. La description précise de la préparation orchestrée par Zwak, semble criante de vérité. Mais pas de spoil !

A nouveau, Cedric Bannel, nous plonge aux frontières de l’actualité, dans un thriller anxiogène. Un bon page turner. Jour après jour, chaque chapitre de Kaboul Express est un pas vers la date fatidique. Une traque sous tension. Le compte à rebours est lancé. Ce roman est réaliste et captivant. Comme d’accoutumé chez Bannel, sa connaissance de l’Afghanistan lui permet de poser une analyse fine de la situation d’un pays superbe mais bouffé par la corruption, envahit par la pauvreté, meurtri par des générations de guerre, en fait un pays à bout de souffle, coincé entre les talibans et les djihadistes. Ces derniers sont à la fois, organisés, méthodiques et barbares comme l’État islamique. Bannel sait, à travers son roman, dessiner les contours de ce pays à travers, les luttes intestines entre religions, entre les tribus. Il décrit véritablement le poids des traditions, celui de l’héritage de la haine, transmise de génération en génération. Il pose sans commisération, le sort abominable des femmes et fillettes yazidies. Par le questionnement de Malalai, l’épouse d’Oussama, il montre le trouble de certains Afghans quant à leur futur. Dans ce pays, où la corruption et les trafics en tout genre, certains, comme les Baloutches, peuple nomade d’où Oussama est issu, ont déjà du s’adapter au monde moderne en utilisant la maitrise de leur territoire pour la culture du pavot et le trafic d’opium.

C’est un thriller intelligent, documenté, et réaliste. Je me suis laissé emporter comme avec le précédent. La mécanique fonctionne à la perfection, sans aucune impression de redondance.  C’est un roman addictif, au sein duquel les personnages passionnants (je n’ai pas écrit attachants) nous emmènent d’Afghanistan en Europe en passant par la Syrie, la Turquie. C’est une ballade, qui n’a rien d’une promenade de santé. On met les pieds dans une guerre où le mal est présent partout, où la lutte contre le terrorisme s’attache à trouver un équilibre, une compréhension entre ceux qui cultivent la vie et ceux qui vénèrent leurs martyrs, tout en oubliant parfois les principes de droit auxquels les occidentaux sont attachés.  Bref, un thriller avec de grands relents d’actualité et de réalité.

A noter :  les doutes de Malalai distillés dans Kaboul Express et les résurgences des actes commis par Nicole dans B.A.A.D. posent les prémices d’un quatrième tome à venir. Il va falloir patienter.

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