ZOO STATION

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Pour asseoir sa crédibilité pour faire naitre le suspens, un roman noir doit plonger ses racines dans l’Histoire. Parfois un petit h lui suffit, parfois un H majuscule est nécessaire.

C’est exactement ce que fait David Downing avec Zoo Station. Ce 1er roman de « The Station Series » qui en compte 6 qui met en scène, le journaliste anglo-américain, John Russell dans le Berlin des années 40. Plus exactement en 39. Nous sommes à l’aube de Dantzig. Hilter est au pouvoir, le miroir aux alouettes économiques se fissure, le peuple commence à avoir peur et l’inquiétude est dans toutes les têtes. Il est plus facile de craindre et d’être craint que de rire dans ce Berlin où les bottes noires raisonnent sur les pavés et les oriflammes claquent au vent.
Débarrassons nous tout de suite de la comparaison avec le Bernie Gunther de P Kerr. Même époque, même craintes mais la vision, les intrigues et les personnages sont véritablement différentes. Là où Bernie trace sa voie dans une conception personnelle de la morale, Russell est un homme, avant tout, attaché à sa famille.

Ancien combattant durant la Grande Guerre, il a déjà donné pour ce qui est de l’horreur. C’est à travers les yeux de John que nous voyons cette inexorable montée vers la guerre. Nous sommes en 1939, John vit en Allemagne entre son fils Paul, enrôlé dans les Jungvolk, section du parti nazi pour la jeunesse, une ex-femme allemande Ilse et Effi sa nouvelle amie allemande très critique envers le pouvoir. John, ancien communiste, est englué, tiraillé entre ses origines et son pays d’adoption. Son travail de journaliste, lui offre la possibilité de se déplacer tant dans ce Reich qui s’obscurcit qu’à l’extérieur où tout le monde semble être saisi de cécité, qu’à cela ne tienne, les services secrets, russes, anglais et allemands, vont tenter de le manipuler. Et John va devoir choisir entre sa raison, sa conscience et son cœur, jouer double, voire un triple jeu.
Ce roman est extrêmement fluide. Il joue sur les émotions et traite de l’Histoire par le biais de la lorgnette – malgré tout solide et documenté. Downing, aborde des sujets lourds, le nazisme et le peuple allemand, la violence et la peur, l’extermination des enfants différents et bien entendu l’internement des juifs, le tout à travers les personnages secondaires. Downing joue sur les émotions à travers cet homme, John qui a la faculté de jouer sur un effet miroir. Et nous dans tout cela ? Quelle aurait été notre place ? Comment aurions nous réagi ?

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