SANS PITIÉ NI REMORDS

Bourré d’humour et de cynisme, un thriller sous forme chasse au trésor dans un univers Baudelairien.

Partir sur un troisième opus quand on a oublié les deux autres aurait pu être casse-gueule. J’ai débuté les aventures du capitaine Mehrlicht par Sans pitié, ni remords. Le hasard fait bien les choses. Il peut se lire indépendamment des deux autres, ça tombe bien !

Passons rapidement sur l’intrigue.  Mehrlicht, le flic vert à la face de grenouille et au pardessus hors d’âge, hérite au décès de son ami Jacques Morel, d’une enveloppe contenant un diamant brut. Il s’agit de l’un des yeux d’une statue africaine, le Gardien des Esprits. Une pièce « d’art premier », disparue MAOO lors de son déménagement. Merlicht prend un congé et son équipe se retrouve sous la coupe du capitaine Cuvier maître con, imbu et crétin notoire. Curieusement, une épidémie de suicide s’emballe. Les lieutenants Latour et Dossantos sont appelés sur la scène de l’apparent suicide d’un retraité et dans la foulée chez une femme qui, se sentant menacée, s’est défenestrée. Les deux « suicidés » ont un point commun. Ils travaillaient ensemble au MAOO. C’est le début d’une chasse au trésor. Mehrlicht se retrouve avec le capitaine Bénédict Kabongo sur le dos. Ce flic de la Police des Arts poursuit depuis 12 ans cette statue disparue. Moralité, exit les congés. Mado attendra Mehrlicht car la chasse au trésor commence. Et là le délice commence pour le lecteur.

Si les personnages sont marqués et se différencient chacun des autres. Certains ont hérité des opus précédents d’une histoire. La lieutenant Latour, seule femme de l’équipe calme sa  situation amoureuse. Dossantos lui est toujours enchainé à ses anciens amis frontistes et Cuvier porte son incompétence. D’autres arrivent dans cet univers.  Les méchants. Le corse qui revient des années après le vol et qui s’enfonce dans une folie plus que jamais meurtrière. Le russe, Vlad, assassin sans foi ni loi, éternel amoureux, regrette de passer sa vie à tuer quand il n’est pas enchainé par le corse par la drogue et des paroles mielleuses. Les personnages de Lebel sont précis et partagent tous une vision assez sombre, parfois désabusée, mais sont tous à fond dans leur rôle.

Reste maintenant à parler du roman. C’est bourré d’humour et de cynisme. Ça style fuse de traits d’esprits. La séquence des obsèques est fabuleuse. Le lecteur se bidonne. Mais c’est aussi pour Lebel l’occasion de poser une réflexion à travers les blagues racistes et pourries de la sonnerie de téléphone de Mehrlitch et sa manière de se défendre des accusations de racisme. Les situations sont désopilantes. Les acrostiches et hémistiches laissées par Morel sont un délice et l’occasion pour le lecteur de jouer et de les découvrir avant de tourner la page.  La chasse au trésor dans l’univers Baudelairien est délicieuse. Et l’hommage de Lebel à ses camarades d’écriture, est un clin d’œil appréciable et dynamique.

Mais, cela ne doit pas nous faire oublier qu’il s’agit bien un thriller. Sans pitié, ni remords prend aussi une tournure très noire, tachée par de nombreuses scènes violentes. Les tueurs sont sans limite. La narration est précise, affûtée. Lebel maitrise le suspense et le dose savamment.  Il jongle entre les genres. Le lecteur rit et frémit. Définitivement, Sans pitié, ni remords est un excellent livre. Il va falloir que je me rabatte sur les deux premiers opus.

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2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Claude dit :

    Très bon auteur ce Nicolas Lebel 😉 Son dernier opus « De Cauchemar et de Feu » sur l’émergence du conflit Nord irlandais est une réussite !

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    1. prvst dit :

      Je commence les 2 premiers. On verra le dernier après

      Aimé par 1 personne

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