PETIT LAÏUS ENTRE AMIS ou la raison de ce blog

Encore un blog sur des bouquins, me direz-vous !! Sur des thrillers, des polars et des romans sombres…et bien pourquoi pas.

Au préalable de chaque chronique, il y a un livre.

C’est quoi un livre ? Un livre ne vaut rien ! Et en même temps tellement. On en trouve à tous les prix mais a y réfléchir, sa valeur semble inestimable. Bien au-delà de l’aspect financier, il englobe, une thématique, une aventure, où le travail de l’auteur(e), son énergie n’ont d’égale que la passion du lecteur. Le livre demeure avant tout un outil de transmission de savoir et d’émotions. C’est une porte ouverte sur le rêve. Pour employer un mot à la mode, un livre est une expérience.

Il me faut parfois une dizaine de pages pour juger de l’accroche. De temps en temps, dubitatif, hésitant, on traine un ouvrage durant des semaines. On le balade avec soi, on l’oublie puis on y revient. On le lit aux forceps, persuadé de louper quelque chose si on ne va pas jusqu’à la fin. Résultat, souvent une bonne suée – pas toujours source de plaisir. Il arrive même qu’on le ferme n’ayant pu s’introduire dans l’esprit de celui qui l’a commis.

Un livre sait aussi se faire léger, souriant et vif. Il devient un moment agréable. Parfois, c’est une divine surprise. Alors, les pages s’enchainent en une cavalcade effrénée et le livre ne dure qu’une journée, une nuit. Ces moments sont rares. Il s’agit d’une vibration particulière. L’unisson. Cette pulsation qui nous plonge dans un univers qui résonne en nous.

Au dessus du livre, il y a les auteurs. Parmi eux, il y a ceux que l’on attend, ceux auxquels, on s’est habitué. On aime leur plume, leur univers (j’adore le terme ça fait très télé-crochet), les personnages ou plus simplement leur vision sur notre société. On les attend parfois longuement pour être embarqué dans un voyage littéraire. Et cette attente fait partie intégrante de l’expérience. Et je n’oublie pas ceux que l’on découvre. Là ça peut devenir jubilatoire. La recherche de la pépite, du talent.

Si on s’égare un peu autour du livre, il le faut parler du support. Il y a eu la révolution Gutenberg. Celle de l’ère numérique ouvre un nouveau chapitre où le support pourrait devenir plus interactif. Une chance ou un désastre pour l’écrivain. Nous verrons bien. C’est encore timide.

Je suis d’une génération pour qui le papier est essentiel. La sensation du granulé sous les doigts, l’odeur acide du temps faisant son travail de sape, le bruit feutré d’une page qui se tourne, tout cela est indissociable de l’expérience. J’écris EST mais je devrais dire ETAIT. Car depuis quelques années, j’oscille entre cet amas de fibres cellulosiques végétales et une liseuse. Quel truc incroyable cette possibilité de promener avec soi sa bibliothèque. Certes la relation physique avec un ouvrage me manque, cette émotion troublée d’être le premier à ouvrir un livre, mais j’avoue avoir été emporté par la facilité de transport, la possibilité de jongler d’un livre à un autre et celle où  je peux lire seul sans déranger qui que ce soit la nuit. Maintenant, j’avoue, j’ai la fâcheuse habitude de lire en tous lieux et à tous moments.

Et maintenant, lecteur curieux que tu es, permets moi de plonger dans le vif du sujet. Pourquoi NigraFolia ?

Depuis des années, j’ai plongé dans la Noire. Que dis-je, je m’y suis englouti. Je n’ai de cesse que de découvrir de nouveaux auteurs, ou d’exhumer de plus anciens. J’y nage avec plaisir et parfois quelques souffrances. Et souvent, j’y trouve des sources de réflexions sur notre société. Allume la radio, la tv, lis les journaux, notre société se trouve à un tournant. C’est brutal, la réalité va parfois au delà de nos imaginations. Ça y est, je deviens parano. Les plus schizos vont parler du mal qui nous ronge, des maux, du numérique et sa fâcheuse capacité à nos fliquer, nous cataloguer, de notre tendance sociétale à nous saborder, de l’urgence écologique et j’en oublie sans aucun doute comme notre besoin de s’accrocher à des croyances qui nous sont propres. Je n’émets nul jugement. Je constate simplement que l’inquiétude est de rigueur. La peur de l’autre arrive à grands pas. En un mot, il y a aujourd’hui de la matière pour les auteur(e)s de la Noire.

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Petit rappel, dans ce monde du noir (en parallèle de la littérature dite blanche) 2 écoles (j’ai horreur des genres) ont émergé. Le polar et le thriller.

  • Le polar prend ses sources au pied d’une intrigue. Il nous emmène suivre une enquête de manière plus ou moins  méthodique dans laquelle 5 points sont incontournables. 1 crime, 1 mobile, 1 coupable, 1 victime et 1 enquête. Depuis des décennies, à travers le polar s’illustre le revers « social ». Il traite de nos travers et de nos craintes en filigrane. Mais plonger dans un polar, c’est avant tout aimer se poser et tenter de décrypter l’énigme avant la fin, devancer l’intelligence de l’auteur.
  • Le thriller, lui a des accents de cliff-hanger ou de page-turner pour tenir en haleine le lecteur. Il tient sa construction de l’émergence du cinéma et en reprend un certain nombre de codes. Fourmillant de personnages aux passés troubles, d’assassins ou de psychopathes, se faisant l’écho d’une violence soudaine faisant fi d’un lieu précis, il s’ouvre sur les tourments de notre monde et en cela, il est un filtre à travers lequel notre vision du futur, mais celle de notre présent, se trouve disséquée. Qu’il soit d’action, d’espionnage, technologique ou psychologique, le thriller se gave de tension et de peur mais surtout il se fait l’écho de notre image. S’immerger dans un thriller n’a rien d’innocent. C’est souvent être tenté par une vague. C’est accepter de se faire bousculer dans ses habitudes et adorer cela.

Et nous dans tout ça ? Tu sais, le lecteur. Celui qui est à l’autre bout du livre.

Tous ceux qui lisent le font pour une raison qui leur est propre. Je lis par plaisir, pour m’évader, pour apprendre, oserais-je dire me cultiver, pour m’ouvrir à l’imaginaire et bien sûr pour ressentir quelques frissons…

2 règles d’or sont incontournables, inaliénables :

  • L’auteur(e) a tous les droits car il tient la plume,
  • Le lecteur aussi car il tourne les pages.

Chacun peut fermer un livre, l’abandonner ou le dévorer d’une traite.

Chaque roman a son identité, son existence intrinsèque. Il traine avec lui la beauté d’être unique. On peut le garder, le partager ou l’abandonner pour lui offrir une existence en soi. Le style, honnêtement… de mon point de vue est essentiel dans le cadre d’un roman, à fortiori s’il est noir. La formulation, le phrasé, le rythme sont d’une importance capitale. C’est la musique qui vous emporte, grâce à laquelle les amarres se dénouent. Elles forgent l’ouvrage avec les images, les paraboles, les descriptions, la construction des personnages et le « wording ». C’est là qu’intervient le talent de l’auteur. Il sait d’agrémenter le décorum, offrir une perspective, rehausser les saveurs à travers des personnages ciselés, faire monter la pression ou freiner les sensations. Sans cela, aucun décollage vers un ailleurs n’est possible.

Chaque livre a un potentiel.

J’aime le talent de ces auteurs dont le style va parfois ronger « à l’os » les mots et les phrases pour n’en retenir qu’une efficacité, une sensation, pour mettre en exergue un message, une position. Je crains fort d’être faible et d’aimer aussi ceux dont la verve me fait sourire et ceux qui arrivent à trouver l’alignement parfait entre le style et l’objet du délit.

Dans tous les cas, à la fin, le couperet tombe. On aime ou pas un livre. Ce que l’on garde en mémoire, c’est l’expérience intime partagée avec l’auteur(e), la projection, le voyage, le frisson, l’âme d’un personnage, un parfum, une image, une réflexion…

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Alors pourquoi me direz-vous un énième blog sur les thrillers, les polars et des romans noirs ?

  • Simplement parce que j’aime cet univers.
  • Au-delà de ce que j’ai pu écrire ci-dessus –  ce passage ouvert sur l’imaginaire fend le quotidien et nous balance vers des idées, des concepts, sur les travers de nos sociétés tant ces œuvres peuvent être ancrées dans le réel ou nous faire réfléchir sur notre avenir.
  • parce qu’à force de m’entendre dire, faudrait faire un blog pour partager ce que tu lis, j’ai craqué avec un immense plaisir.
  • et parce que les auteur(e)s du noir sont cool.

Une bonne nouvelle… Tout le monde rêve. Beaucoup écrivent. Certains sont édités. Quelques élus ont des prédispositions pour nous emballer. Une autre bonne nouvelle, si le vivier est d’ores et déjà extrêmement fourni, chaque jour voit se déverser une fournée additionnelle de mots où se cache la divine pépite. A nous de la découvrir et de la partager.

Mais gardons-nous de croire que tout est facile. Le livre est fragile. Ce petit monde fait d’auteur(e)s, de passionnés, qu’ils soient éditeurs petits ou grands, simples bloggers, nous impose de le faire vivre. Il revient à nous lecteurs de partager, nos coups de cœur, de gueule, nos émotions.  C’est l’unique objectif de NigraFolia.

Je ne sais pas ce qu’il en sera demain pour mes enfants. Pour l’instant, ils lisent. Que dis-je, ils dévorent et j’en suis heureux.
Alors, partageons, grognons, échangeons, passionnons nous ! Réagissez, faites vivre les mots !

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Du fond de ma maison, 2017

 

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